Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /Nov /2006 13:53

3 septembre 2006

Inauguration du Parvis Notre-Dame Place Jean Paul II

Action officielle autorisée:

Trans FtM gay, j'ai appris l'inauguration et la contremanifestation des associations Act UP, les Panthères Roses, les Flamands Roses, sur le net le jeudi 31 août. Connaissant deux membres des Panthères Roses, ayant aussi vu et soutenu Act Up le 24 juin à la Marche des Fiertés, je voulais venir à cet évènement en tant que public et soutien, et éventuellement aider mes amis manifestants.

Dimanche mon copain et moi arrivons à Notre-Dame pile à 12h. Nous contournons, nous mettons sur la droite du Parvis, derrière une barrière, mais peu de monde pour le moment, une impressionnnte force de maintien de l'ordre et de répression déjà en place, par exemple la brigade anticriminalité, les renseignements généraux, brigade mobile de la gendarmerie nationale, service de sécurité interne à tendance catholique extrème. Nous repérons des trouble fêtes potentiels, des jeunes fachistes qui eux aussi repèrent les lieux. Les possibilités de fuite des manifestants semblent très réduites, mais notre angoisse première ce sont justement ces jeunes Fafs et non les forces de l'Ordre. Nous patientons, apparemment nous sommes là trop tôt, le discours ne sera prononcé qu'à 15h30. Nous nous étonnons, à midi devait être réalisé la marche protestataire des verts et D'act UP.

Je vois une des membres des Panthères Roses passer derrière nous, je ne sourcille pas. Quand elle s'est éloignée, j'en informe mon copain. Après un moment d'attente, klaxons d'Act Up sur le pont, nous finissons par prendre la même direction, donc vers Act UP pour voir l'action. Arrivés sur le pont, les manifestants semblent déjà dispersés, nous attendons, tâchons de ne pas trop en parler, partout des oreilles pour recueillir des infos et éventuellement nous repérer (bien que nous ne faisons pas parti de la manif). Une rue, Rue du Marché Neuf, fermée à la circulation, deux camions viennent en bloquer l'accès au Parvis, pour cause, les manifestants Verts d'Act Up, des Soeurs, de la Brigade des Clowns, des protestataires pour la laïcité, la contraception et l'IVG, soutenus par des Elus, défilent. On nous informe que si on s'approche du mouvement, il nous faudra ensuite faire le tour par le pont pour revenir à la cathédrale, aucun souci donc, à priori. Les manifestants allongés dans un silence de mort dans la rue, des panneux avec Place des Morts du Sida, Contrôle de Soi et Chasteté, Paris protège le sexisme et l'homophobie, des ballons en forme de croix. Les photographes qui grouillent de partout, un silence presque aussi pesant qu'à la Marche des Fiertés sur le passage de la banderole endeuillée d'Act Up. Finalement tout le monde se lève et hurle son slogan contre Delanoë qui oublierait les morts du Sida. Mais au bout de la rue à l'opposé du Parvis, les touristes et curieux, c'est-à-dire entre autre nous, comme le mouvement se font bloquer par une belle ceinture serrée et nous voilà pris en otage. Ridicule, prise d'otage, peur que si les Elus s'en vont, les manifestants se fassent coffrer, j'attend patiemment avec mon ami. Nous parvenons à sortir peut-être grâce à nos tenues, à notre recul. Nous observons de loin. Puis nous rapprochons. Constatons que des jeunes plutôt typés Fafs communiquent par téléphone à d'autres les mouvements des manifestants comme des forces en place. Une dispersion passive est négociée (sans doute grâce à la présence des Elus), les forces raccompagnent la manif par le Boulevard du palais puis le Pont au Change jusque la place du Chatelet. Le groupe s'y arrête et les forces de police, CRS, s'éparpillent après contrôle de la situation (notamment que le mouvement ne reprenne pas ou que des groupes d'extème droite ne tombent pas sur les manifestants).


Par Gabriel - Publié dans : newman
Voir les 0 commentaires
Dimanche 17 septembre 2006 7 17 /09 /Sep /2006 02:17

"From the Inside Out" or "Radical Gender Transformtion, FtM and Beyond"

Ed Morty Diamond Manic D Press

Un recueil de récits courts de personnes Female-to-Male et de Female-to-Unknown. Des expériences, des certitudes, des questionnements et sujets très divers. Des personnes qui cherchent leur place dans un monde au genre bipolaire, d'autres qui ne cherchent plus et jouent de leur ambiguïté, d'autres qui veulent casser ce moule, d'autres qui s'interrogent sur la part de libre-arbitre et de fatalité qui les a conduit à une réassignation de genre, de la colère, de la peine, des souhaits restés rêves inaccessibles, de la fierté, une volonté de se battre pour soi, de l'amour de soi, de la liberté d'être soi. Comment définir le genre, qu'est-ce le genre?
Etrangement de cette liberté d'être soi, de cette diversité, subsiste souvent une impression de stéréotype FtM. Combien de FtMs affirment: "Alors que la majorité des FtMs sont ainsi, moi, j'étais différent..." ou "Comme beaucoup de FtMs, j'ai aussi...." ou encore "Pour moi, je ne rentre pas cette catégorie, je ne veux pas être classifié comme défini comme ça". Une idée assez répandue par exemple d'un FtM est que déjà tout petit il s'indignait qu'on le traite comme fille et le force à des comportements et critères féminins. Qu'il est (très) masculin. Mais la vérité est que chacun est différent, et si certains FtMs se ressemblent sur certains critères, ils ne sont pas semblables sur d'autres points qu'ils partageront avec d'autres encore.
Bref, en explorant ces textes, on découvre la diversité, la différence et la richesse de tous ces auteurs. Des textes où il est aisé de se retrouver, comme de découvrir une autre manière d'être FtM, FtU, tout simplement d'être soi.

Voici quelques textes que je me suis permis de commenter/résumer/condenser.
Je rappelle que si j'ai sélectionné ces textes, ce n'est pas parce qu'ils sont plus intéressants, mais qu'ils m'interpellent plus personnellement, qu'ils me correspondent ou non.

"Monster Trans" Boots Potential

Selon l'auteur:

Les monstres s'assimilent aux trans (au sens large), car "trans" et "monstre" provoquent les mêmes réactions, les mêmes questionnements, les mêmes chocs et failles de concept. La monstruosité donc l'anormalité a pour conséquence de rompre, d'outrepasser les règles, de les briser.

(traduction)
Le concept de l'identité du monstre est, quoiqu'il en soit, un modèle imparfait. [...]). Néanmoins il y a quelque chose de très prometteur dans une culture de l'identité du monstre, qui peut se révéler en elle-même, se positionner elle-même comme être monstrueux = ce qui dévie, ce qui fait peur, ce qui défie. Comme dans le cas de monstres de genre ( trans, queer de genre, FtM, MtF, multigenre, etc...), c'est la seule expérience commune de transgression qui définit les monstres et les rassemble dans un groupe. Frankenstein, Vampires, et la Créature du Black Lagoon n'ont rien en commun à part leurs "anormalités", ils sont ainsi réunis par leur monstruosité. C'est ainsi que je trouve un sens à mon genre. Il est défini largement par ce qui n'est pas (normatif). Et également par ce que cette rupture dans la normalité ouvre comme possibilités.

L'auteur, qui éprouve un réel manque d'options pour se qualifier, utilise des pronoms féminins, masculins ou de monstre d'une part pour rompre avec l'obligation d'avoir à effectuer un choix ou avec la notion  de ce que doit être un trans.
En effet le corps médical, la communauté LBGT et plus particulièrement trans préfèrent en général qu'il n'y ait pas d'autre choix que de prendre les pronoms masculins ou féminins conséquents ou alors cela signifierait que quelque chose ne va pas avec nous, notre transsexualité ou les deux. Les monstres d'un autre côté ouvrent une palette de possibilités: comment nommer quelqu'un ou quelque chose qui élude à ce point la question de la détermination de l'espèce ou de son origine, sans parler du genre.
Créer une nécessité de naviguer dans la langue comme dans le genre d'une manière inhabituelle et qui demande réflexion et engagement critique. De même, les monstres [...] ne sont jamais entièrement ce qu'ils sont supposés être, et on peut lire cette transgression sur leurs corps. L'auteur veut créer un manque de cohérence de genre de son corps pour défier le "type" qu'il est supposé être, en accord avec ses principes monstrueux.

Il regrette l'erreur qu'ont les queers, LBGT de reproduire les moules qu'ils voulaient défier initialement (segmentation, définitions restrictives, discriminations liées à des manières d'être gay, lesb, trans, etc...).

Il y a également des notions associées aux monstres que l'auteur veut rompre, éviter et remettre en question [satanique, noir, mauvais, violence sanguinaire, aggression, cauchemar, étranger dans le sens d'engendrant une forme de xénophobie, sauvage (contraire de civilisé)]. A l'origine, une profonde, mortelle peur de la différence.  "Etranger" signifierait "dangereux". Or on peut tout à fait dissocier ces deux notions. De même les queers, homos et autres ne rentrant pas dans une norme sociale et sociétale de l'hétérosexualité avec genre binaire effraient, sans qu'il y ait pourtant un caractère de danger attaché réellement à eux.
[remarque personnelle: on constate d'ailleurs que certaines fictions apparaissent, et de plus en plus, qui font intervenir des monstres "gentils", héros]
La définition, la façon d'être compris, perçu, politisé, normé évoluent constamment de même que et avec la manière dont nous nous percevons, définissons, clamons. Cela devrait non pas nous empêcher d' inventer et clamer des identités diverses, mais plutôt nous y encourager avec un haut degré de fluidité et de spécificité.

Car:

Le plus encourageant et génial dans la monstruositié-comme-genre est qu'une fois devenu un monstre, plus rien ne semble "normal". Tout le monde est un monstre en attente, ils ont juste choisi temporairement de correspondre à un modèle arbitraire et fictif de règles de ce qu'ils sont supposés être. Ainsi vous commencez à vivre dans un monde tout entier de monstres. Et aucun n'est meilleur qu'un autre.
[...]
Pour une fois, l'histoire se termine bien, et les monstres en sont les héros.


"Lies" David Husted

Mensonges.
Notre vie avant notre sortie du placard n'est qu'une série de mensonges pour certains d'entre nous. Des mensonges très convaincants, car la vérité laisse parfois très peu d'indices au sujet de notre différence et les gens ne veulent voir que ce qui les arrange. Ils ne veulent pas découvrir cette douleur, ce malaise, ce désespoir. Ne pas pouvoir poser un autre mot sur soi qu'anormal, monstrueux dans un premier temps. Un mot enfin. Okay. Je ne suis pas seul.

Mais.
Ne pas oser en parler, comment convaincre tous ces gens que votre vie n'a été qu'un mensonge jusque-là. Comment en parler à ses proches car après tout peu importe les étrangers, ils ne comptent pas pour vous. Ne pas oser. Cacher le mal-être, dire que tout va bien. Alors qu'on ne va pas bien, qu'on a besoin de le dire, d'être supporté, d'être reconnu par ceux qu'on aime. On est forcé un jour ou l'autre de sortir du placard, car on ne peut aller bien que si on est soi, si on se réalise. On n'a pas à emporter notre secret dans la tombe. Alors oui, je sors.

Tous ne comprendront pas, ne voudront pas comprendre. D'autres si. D'autres trouveront ça cool. Or ça ne l'est pas du tout. Un pan de vie à bâtir ce mensonge, un autre à le briser. La décision la plus importante dans une vie. Car c'est moi qui vit dans ce corps et pas eux.

Le premier pas,
le plus important,
dire qu'on ne cachera pas plus longtemps
qui on est vraiment.


"Whose Masculinity is it Anyway?" Wyatt Swindler

Ou...

Comment, en-dehors de la communauté queer/trans, la volonté qu'on a de vivre et de défendre notre exclusivité peut voler en éclats, du fait de ce que les autres attendent de nous, particulièrement dans d'autres minorités, milieux et contextes, comme la population noire pour l'auteur. Comment on peut sacrifier par besoin de relations une part de soi, par peur d'être jugé trop fille par certains comportements, pas assez hétéro aux goûts d'autrui. Or il faudrait arriver à ne pas laisser ses peurs, qui ne sont que les vérités et préjugés des autres, définir la personne que vous serez, au contraire rester soi.


"Once More... With Feeling" Dean Spade

A propos des pronoms.

L'auteur, comme certains, a un projet trans, qui vise à démembrer la classification rigide et binaire du genre, alors même qu'il cherche à faire imposer le masculin. En fait cet effort de faire respecter son choix d'être nommé au masculin s'inscrit dans ce projet, car comme beaucoup de trans, il a constaté que même les gens les plus emballés par ce projet avaient beaucoup de mal à s'en sortir avec la simple nomination au masculin ou au féminin.

Il classe ces personnes dans deux catégories:

_ ceux qui rejettent la responsabilité, c'est-à-dire qui se forcent consciemment à vous nommer au masculin, mais font des erreurs qu'ils justifient d'un "Oh, j'essaie" ou Allez, je le dis correctement la plupart du temps".

Ils disent la vérité mais au-delà ils refusent des critiques, attendent qu'on soit d'une patience infinie, et même s'ils ne le font pas  consciemment, ils vous considèreront toujours selon les règles qu'une personne doit correspondre physiquement au genre par lequel elle est nommée et que ce genre est immuable. Ils ne remettent donc en aucun cas le système binaire du genre en cause. En outre ils rejettent la responsabilité du problème sur nous, plutôt que de se questionner pourquoi ils réagissent ainsi à notre égard alors que cela ne touche pas leur identité propre. Ils ne voient que la cause de leur émoi et non le diabolique système de genre qui régit leurs vies depuis leur naissance.

_ ceux qui voient les trans comme des victimes, qui se forceront à vous nommer au masculin pour vous respecter et vous mettre à l'aise. Ceux qui font preuve de tolérance.

Or comme l'auteur, je pense que nous aurions choisi des voies différentes, notamment pour nous qui restons ouvertement trans, même après transition, si nous avions voulu nous faciliter la vie. Nous ne recherchons pas de tolérance ni de respect comme on peut en avoir pour des "pauvres minorités auquelles il faut laisser une place, consacrer un jour spécial et parler comme d'un phénomène de société". Nous voulons qu'elles se sentent impliquées, qu'elles remettent leurs idées reçues, leur système de valeur en cause, qu'elles réfléchissent à elles-mêmes, ce qui fait d'elles des hommes ou des femmes, ce qui fait leurs différences, ce que celles-ci signifient en terme de comportement , de pouvoir, de langue, d'évolution. Le respect et les terrains trans friendly sont un bon pas en avant, mais nous voudrions plus, une approche réelle et engagée sur la différence.


"Living La Vida Medea" Reid Vanderburgh

L'auteur parle de son expérience et du fait qu'il a réalisé qu'il avait transitionné de Femme à Non-Femme. Ainsi il est convaincu que son passé en tant que lesbienne et femme, l'éducation qu'on lui a apporté ne le rendent pas tout à fait comme ce qu'un homme devrait être et qu'il n'est donc pas possible de transitionner complètement d'un sexe à l'autre. Il n'a pas traversé le pont de femme à homme, il est devenu le pont.


"Disclosure" Daniel Ray Soltis

Ou faut-il abandonner, renier son passé pour pouvoir dire "avoir transitionné complètement et avec succès"? Doit-on sacrifier qui on a été pour vivre comme on est, homme? L'ignorer ou le renier serait effacer le passé. Le clamer haut et fort pourrait effacer le présent. Quand pourrons-nous clamer nos singularités, notre complexité, sans perdre nos présentes identité et crédibilité? Comme l'auteur dit, il est FtM, car il cherche à être entier. Pour le moment cela semble requérir de couper d'importantes portions du passé. A son grand regret...

Par Gabriel - Publié dans : bibliothèque
Voir les 0 commentaires
Dimanche 17 septembre 2006 7 17 /09 /Sep /2006 01:20

Pomosexuals or Challenging Assumptions about Gender and Sexuality
Ed. Carol Queen&Lawrence Schimel
Cleis Press

Pomosexuals est un recueil de récits autobiographiques de personnes présentant une sexualité et/ou une identité de genre différentes de la norme binaire, hétéro voire homosexuelle. On rencontrera bisexuel, pansexuel, lesbienne, gay, trans, lesbienne à relation gay et S/M, gay à relation hétéro avec des hétéro par le net, fille à "pédés", etc..., bref des personnes auxquelles des définitions trop cloisonnées cherchent à s'appliquer mais ne font que s'entremêler et s'auto-annihiler, se cumuler contradictoirement, des personnes qui se jouent de ces concepts, en usent et abusent, qui s'en moquent, qui ne se donnent pas de nom mais portent les étiquettes que les autres leur assignent, qui souffrent des discriminations induites par ces cloisonnements, qui font le choix d'être libres d'être eux-mêmes et de ne pas cantonner leur identité et leur(s) sexualité(s), de ne pas se cantonner.

Il se décompose de la sorte:

Préface
Introduction
1. Derrière les définitions
2. L'identité politique : questionnement des concepts
3. Ne me cataloguez pas: Bi-/Pan-/Omnisexuels
4. Au travers du reflet de nos singularités : Nos garçons, nous-mêmes
5. Hermaphrolesbiennes : des filles seront garçons, des lesbiennes seront gays
6. Failles tectoniques : croisement de cultures, cartographie des désirs

J'ai décidé de me mettre de côté quelques récits, non pas qu'ils soient plus intéressants mais interpellant mon compagnon ou moi-même.
A commencer par:


"Le freak, c'est chic! Le fag, quelle drag!" D. Travers Scott

Emménagement de l'auteur dans le quartier gay de Seattle qui a entraîné un changement de son mode de vie, c'est-à-dire que de gay sexuellement il est devenu gay culturellement.

Le besoin d'être entouré de gens comme soi, donc pour de jeunes gays notamment de fréquenter et vivre à proximité/dans un quartier gay, devrait constituer une phase dans l'élaboration et l'épanouissement de son identité Queer et non une finalité, une utopie.

Les définitions se montrent trop limitées, les particularités sont présentées trop simplement, alors même que dans la réalité les limites deviennent floues. Par exemple quelqu'un défini comme gay, lesbienne ou hétérosexuel devrait l'être à vie et ne pourrait aimer quelqu'un d'autre que ceux concernés par son orientation sexuelle (il ne parle pas des bisexuels, précise-t-il). Que la culture gay soit réservée aux gays seuls par exemple, idem pour les lesbiennes. Qu'en revancheles trans viennent admirablement perturber les lignes entre chaque particularité. Comme il dit, baser son identité sur sa sexualité, c'est comme construire une maison sur des fondations de sable.

C'est pour cela qu'à son sens, les gays devraient arrêter leur misogynie et leur effroi des femmes et de leurs "chattes". Par exemple, ils ne rechignent pas à être passifs avec des lesbiennes butch (masculines) munis de gode-ceintures mais ils abhorrent l'idée de la même situation avec une femme hétérosexuelle alors qu'il n'y a pas grande différence.

Ainsi peut-être l'identité n'est-elle pas quelque chose sur laquelle on met un nom, mais constitue un lot d'expériences. Non pas une chose, mais une multitude, simultanément et parfois contradictoirement.
Il y a des avantages à cette identité alternative fluide , en dépit du fait qu'elle semble chaotique et instable. Si nous ne sommes pas des esclaves impuissants face à notre identité, conclut-il, cela peut nous ouvrir un terrain de possibilités beaucoup plus exaltantes, comme le choix et la liberté, mais ces idées demandent une exploration et modulation des valeurs et responsabilités. Cela nous mènerait à un débat avec la norme conservatrice, plutôt que hausser les épaules avec résignation et se plaindre d'un "nous n'y pouvons rien, nous sommes ainsi!". L'homosexulité n'existe déjà plus, les Queers ne sont pas une minorité comme les ethnies, religions ou minorités basées sur d'autres critères. Le problème n'est pas identitaire mais idéologique, il traite de liberté, de responsabilité et de valeurs.


"Beyond the Valley of the Fag Hags" Carol Queen

Une ode à l'amour.

Basée sur le vécu de l'auteur en tant que "fille à pédé" et lesbienne, en tant que Queer, Carol Queen exprime son attirance vis à vis des gays. Son regret semble d'avoir été emprisonnée un temps par le système binaire H/F et hétéro/homo, qui l'a empêché de dépasser le stade de l'amour platonique avec des gays qui ressentaient la même attirance réciproque mais troublante car remettant en cause leur identité. Peur de passer pour la fille qui essaie de rendre hétéro un gay, par exemple. Comment venir à bout de ce dilemme h/f, gay/het? Etrangement les expériences qu'elle a en tant que lesbienne auraient pu l'aider, mais aucune lesbienne autour d'elle ne semblait s'interroger sur la façon dont les gays pouvaient exister harmonieusement dans sa vie. Il faut rappeler qu'à l'époque le genre n'était pas une membrane perméable et les filles ne devenaient pas des garçons et aucune sympathie n'était accordée aux garçons voulant être filles. Ainsi s'accordait-elle à se dire que les relations qu'elle entretenait avec ses amis gays avaient moins d'importance que celles avec des lesbiennes.
Puis arriva le SIDA. Elle devint très activiste, notamment du fait qu'elle avait énormment d'amis gays. C'est là qu'elle tomba amoureuse de James, mais leur amour semblait interdit du fait qu'ils étaient officiellement homos, qu'ils avaient leur culture, leur identité, leur famille communautaire et qu'ils craignaient les perdre. Il mourut sans qu'ils puissent aller plus loin qu'un amour platonique pourtant ardent.
Elle rencontra ensuite un homme regroupant toutes les initiales de notre communauté L. B. G. T. & F. qui refusait qu'on fractionne sa sexualité, qu'on le catalogue. Elle découvrit alors ces personnes semblables à elle, des pionniers présents dans tant de catégories et de lieux.

En espérant que l'amour puisse naître n'importe où, n'importe quand et de n'importe quelle manière que ce soit, que tous se défassent de leur bi/hétéro/homophobie/mysoginie/politique féministe, que tomber amoureux soit une remise en question des concepts aussi rigides l'un que l'autre qu'homme/femme et homo/hétéro. Ainsi nous pourrons être une armée d'amants pour une armée d'amants, non pas une communauté d'alliances mais une profonde, étourdissante histoire d'amour défiant toutes les attentes.


"Stroking my Inner Fag" Jill Nagle

Le récit d'une lesbienne butch bi qui se découvre être un FtM gay. Le côté gay efféminé l'avait empêché de se découvrir transgenre. Un trans FtM gay  qui à la fin du récit montre sa sexualité telle qu'elle est, usant de tout ce que son corps lui a donné pour se faire du bien, notamment avec une relation gay couronnée d'une pénétration vaginale, pour bien montrer que genre et sexualité peuvent et devraient pouvoir se désintéresser du sexe biologique.


"The Personals" David Harrison

Un trans FtM initialement défini comme lesbienne puis comme homme hétéro trouve ses repères bouleversés quand il constate qu'il est attiré de plus en plus par les hommes. Sortant d'une relation de quatre ans et demi avec Kate Bornstein, trans MtF, il part à la conquête des hommes.

Au départ il ne conçoit pas qu'un gay voudra de lui à cause de ce qu'il y avait et n'y avait pas entre ses jambes. Cette opinion a au départ été confirmée par ses recherches sur le net, personne ne répondant à l'annonce, pour la simple raison que les FtM sont inconnus de la population. En entendant trans on traduit automatiquement par MtF. Et autant les MtF sont idôlatrées dans la pornographie (pas pour elles-mêmes évidemment mais pour la part de fantasme de chacun), autant les FtM sont tout bonnement invisibles et le terme de sexy ne peut s'appliquer à eux. Et ainsi cela explique l'ignorance et méconnaissance des gens au sujet des FtM.

David nous transmet certains dialogues qu'il a pu tenir avec des internautes. Des dialogues dont on retient que par exemple bi- (identifiés comme hétéros) et hétérosexuels répondent souvent aux annonces et qu'immanquablement ils recherchaient en fait en David une femme. Que les gens pensent qu'il passe physiquement pour une fille masculine. Que s'il a transitionné, il devrait vouloir des femmes et non des hommes,tout comme assumer le rôle du mâle dominant dans une relation sexuelle. En d'autres termes se conformer au système hétérosexuel.

David aborde le fait qu'il aime se faire pénétrer vaginalement, que c'est une pratique dont il culpabilisait auparavant. Mais comme il l'explique, durant la transition, il a compris, que s'il aimait quelque chose qui lui apportait du plaisir, il ne voyait pas pourquoi il s'en priverait car cela ne conviendrait pas à d'autres notamment dans leur vision de ce qu'un homme devrait être et faire.

Il parle aussi de sa colère, de son impatience parfois, comme de sa patience et indulgence. En effet les gens n'ont pas l'information que les FtM existent donc on ne peut les blâmer pour leur ignorance. Mais parfois il y a un ras-le-bol de devoir chaque fois s'expliquer et "éduquer" les gens. Heureusement que certaines personnes prennent l'info sans prise de tête majeure. Quant à la peur de ne trouver personne d'intéressé, David a constaté qu'en fait pour beaucoup de gays la masculinité était bien plus importante que la queue et que ce n'était qu'un aspect de ce concept. Tout comme il a réalisé que loin d'être moins à l'aise avec sa sexualité comme son image corporelle, il paraissait se débrouiller honorablement et beaucoup de gens avoir des choses à reprocher à leur propre corps qu'elles auraient bien voulu changer.

Ainsi il en vint enfin à pouvoir se considérer comme désirable et sexy. Un grand schisme s'est produit dans sa sexualité, car son éducation de fille lui a permis de présenter des comportements en accord avec son homosexualité, et du fait de son regain de confiance en lui et de la distinction faite entre sexe et amour (hormones). Il conclut avec une conversation avec une amie:
(traduction)
"Alors, tu as eu du sexe gay avec ces mecs?"
"Comment ça du sexe gay?"
"Tu sais bien,... Enculer."
 Okay.... Quand deux femmes s'enculent, ont-elle du sexe gay, ou sont-elles juste en train de s'enculer? Que penser d'une femme enculant un mec? Et si c'est une lesbienne et un gay qui couchent ensemble? Ou un homme prenant un autre homme vaginalement? Est-ce un rapport hétérosexuel? Comme mon ami James me l'a dit après que nous ayions couché ensemble la première fois: "Le sexe ne concerne pas des parties de corps. C'est le fluide érotique qui lie deux personnes l'une à l'autre.


"A Real Girl" Michael Thomas Ford

Le récit d'un gay qui sur la toile du net prend l'identité d'une femme du nom de Lily.

Il regrette le caractère très superficiel du sexe gay, les hommes s'envoyant en l'air, mais la profondeur des sentiments et le jeu de séduction apparaissant comme inexistants, tout se mesurant quantativement. Il explique cela par le conditionnement social auquels tous sont soumis y compris les gays. Ainsi le rôle de l'homme est d'être chasseur, de la femme d'être chassée en amour et sexualité. Cela n'ayant aucun rapport avec la dominance/soumission ou la passivité/activisme. Ainsi chez les gays on oublie le pourquoi on aime le sexe, on définit les gens selon ce qu'ils aiment et non les sensations qu'ils recherchent, on catalogue tout et surtout la séduction disparaît car à priori peu de gays ont le rôle, l'envie et surtout la force d'assumer (de revendiquer) d'être l'objet des désirs.

Ce qui n'est pas le cas de l'auteur. Pour combler ce manque et être l'objet des désirs, obtenir plus de profondeur à une relation et donner libre cours à ce qu'il aime ressentir, être créatif, imaginatif et sortir de la monotonie du sexe gay, il crée donc un personnage féminin sur le net et rencontre virtuellement  des hétéros. Ainsi il se sent désiré. C'est peut-être stéréotypé, nous dit-il, ce concept de homme=chasseur et femme=proie mais hélas c'est ainsi. Il trouve dans ce subterfuge ce qui lui manque. Il ne veut pas être une femme mais obtenir un peu de liberté quand à ce système d'attentes, de rôles et de craintes mais aussi vouloir désirer, tre désiré, sans se demander si c'est normal.

Oui il est une vraie fille, oui il est un vrai garçon. 

Par Gabriel - Publié dans : bibliothèque
Voir les 1 commentaires
Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /Août /2006 11:47
I'm considering myself as a trans guy. But i felt like a biological man not so far ago. I couldn't accept realize that I've a XX in all my cells. Being trans is not a gender or non gender category. It's indicate just that I'm going on a transformation of my body becos my psychological gender's not my biological sex. I've adapted my shell to me. I'm a man. I'm not proud of being trans. I'm proud to fight to be myself. I'm proud to see that we're all so different et trying to find out who we are. I wish I were a biological man but sure I wouldn't have try to know who I am, have fight to be and not to be hidden by a mask that would have bring me to death. May be I wouldn't have the ability of thinking by myself, to find out what is hidden by appearance. I will not be such different physically from my mental image I had. I'm pleased to have been able to deliver myself, I hope I'll be proud from what will still reveal my past. Being trans, it's about to choose not to undergo, to trust myself, to choose to accept and to learn about myself, to choose to be myself. Whatever choices we made, whatever we like, we want to reach, whatever our definition of gender is, whoever we consider ourselves.
Par Gabriel - Publié dans : newman
Voir les 0 commentaires
Mardi 8 août 2006 2 08 /08 /Août /2006 12:46

Je me définis certes comme homme trans,   Mais je me sens homme bio, je n'arrive pas à réaliser, à accepter que mon corps porte un XX dans sa moindre cellule (hors cellules de reproduction).   Être trans n'est pas une catégorie de genre ou de non genre.    Cela indique juste que j'ai réalisé une métamophose de mon corps car mon genre n'est pas ce qu'affiche initialement mon corps.    J'ai adapté ma coquille à mon être. Je suis un homme. Je ne suis pas fier d'être trans. Je suis fier d'avoir et de lutter pour être moi-même. Je suis fier de voir que nous sommes tous si différents et à chercher à apprendre qui nous sommes.     J'aurais voulu être un homme biologique, mais peut-être que je n'aurai pas cherché à savoir qui je suis, que je ne me serai pas battu pour être qui je suis et pour ne plus porter un masque imposé qui m'aurait étouffé. Peut-être n'aurai-je pas eu cette faculté acquise de réfléchir de penser par moi-même, de chercher d'aller au-delà des apparences. Je ne serai pas si différent physiquement de ce moi mental que j'avais et que j'ai. Je suis heureux d'avoir réussi à me libérer de ces chaînes, j'espère que je serai fier du peu de traces qui subsistera en moi de mon passé.

Être trans, c'est choisir de ne plus subir, choisir de croire en soi, choisir d'accepter et d'apprendre sur soi, choisir d'être enfin soi. Quels que soient nos choix, nos goûts, notre but, comme notre définition des genres (bipolaire ou infiniment plus complexe) comme de nous.

Par Gabriel - Publié dans : newman
Voir les 2 commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus