Partager l'article ! Identité & Sexualité: TransPD out, visible, engagé, Pansexuel, Queer, Pratiques sexuelles complexes, nombreuses et incohérentes av ...
TransPD out, visible, engagé,
Pansexuel, Queer,
Pratiques sexuelles complexes, nombreuses et incohérentes avec mon état de trans,
etc ...
Comment ai-je pu passer de l'état "trans qui souffre de ne pas être né XY" à cette étrange identité engendrant une certaine sexualité parfois dérangeante, mais oh combien riche?
Eh oui, pas plus tard que cet été 2006, je correspondais encore au shéma "classique" du trans qui cherche à atteindre le rêve, le souhait intime de beaucoup de trans, "être du sexe biologique identique à son genre psychologique". Pour ceux qui me connaissent récemment ou ne me connaissent que sur la toile virtuelle, oui, j'ai été et ai pensé de la sorte et rien n'aurait pu me laisser imaginer que subtilement le terrain se préparait pour qu'enfin je sorte de ce concept "trans = souffrance".
Résumé rapide de l'évolution de mon identité
Enfance :
Enfant, je me suis vécu de genre masculin ou neutre, sans trop me poser de questions, malgré les tenues vestimentaires que je portais dès qu'on sortait des jeux de fringues mixtes achetés en double pour mon frère et moi. Je pense que le fait que ma vie se trouve centrée sur la paire que je formais avec mon frère y est pour beaucoup. Nos rapports étaient ceux qu'ont deux frères s'entendant parfaitement. Que mon corps était celui d'une petite fille ne m'apparaissait absolument pas, du fait qu'aucune différence n'existe sensiblement à cet âge là.
Adolescence :
Avec la puberté, tout changea, je compris très vite que j'étais un garçon dans un corps de fille, le mot "trans" m'est connu vers 18 ans, concernant les MtF, mais aucun espoir , aucune connaissance d'une transition possible (et convaincante) donc je pensais être fou ou simplement condamné à cette vie donc n'en parlais pas, j'ai même essayé de rentrer dans le moule à maintes reprises, conscient que sans espoir de "métamorphose" je finirais par me détruire. Mais tout vous rattrape un jour.
20 ans, octobre 2004:
Je réalisais que je ne pouvais continuer à survivre de la sorte. Cela m'était déjà apparu plusieurs fois, mais quelque chose m'avait retenu. Sans espoir, ma vie s'arrêtant sur un gouffre, je décidai de plonger. Mais à quelques heures près, j'appris par un mail répondant à un message relatant seulement de mes difficultés avec mes parents et en une phrase de ma transsituation (véritable bouteille à la mer, bien qu'un message peu clair et sans réelle nature alarmante) toutes les solutions qui s'offraient à moi. Choc, miracle, effroi de constater que j'aurai pu ne jamais avoir eu connaissance de tout ça et cela à peu de temps près. Je passe les jours suivants à me renseigner, tout retourner dans ma tête, idées de suicide envolées. Comment aurais-je pu imaginer que cette métamorphose était possible? Je suis soulagé, enfin j'ai l'impression que viovre m'est permis, en revanche je meurs d'effroi de l'annoncer à mes parents, je crains leur réaction. Le coming out sera suivie de plus d'un an et demi d'incompréhension, de haine à mon encontre, de souffrance inutile, qui me poussera à fuir le domicile parental en avril 2006.
Mars 2005 :
Arrêt de ma phase de questionnement de réaliser la transition ou non, notamment par rapport à mon entourage (familial). Décision de transition, sous peine de commettre l'irréparable. Mon psy m'a été d'une grande aide dans ma réflexio (parcours privé).
Août 2005 :
De trans FtM hétéro, puis bi, j'en viens à me dire que je suis exclusivement gay, du fait que je n'ai eu aucune relaiton avec une fille et qu'à l'époque j'étais plutot réfractaire à l'idée d'une telle relation. Excursion plus approfondie sur les tchats gays et le milieu LBGT. 1ère relation homo, avec un garçon homo (et non hétéro comme avant). 1ers rapports sexuels.
Octobre 2005 :
Rencontre avec khrys sur le net. A l'époque, très pudique, très peu à l'aise avec mon corps et cela jusque janvier 2006.
10 novembre 2005 :
Rencontre avec khrys de visu. Départ de notre relation et couple Trans-Gay. Grosse difficulté à me laisser aller et toucher en général. Rapports sexuels "classiques" versatiles. Peu à peu abandonne les bandages et enfin le T-shirt par moments pour privilégier le contact peau contre peau en dépit de ma gêne. Achat de dildos et harnais. Souffre énormément de l'inadéquation de mon corps.
Janvier 2006 :
Réflexion sur les enfants. Solution la plus simple: le porter moi-même. (Tenir compte du fait que nous formons un couple gay). Tentatives de rapports vaginaux dans ce but. Succès au bout de quelques semaines d'aboutir à ces rapports (énorme blocage psychologique mais grande patience de khrys).
Nouvelle réflexion avec khrys : Incapacité à porter un enfant.
Mais poursuite des rapports, car 1. à ma surprise, j'éprouve du plaisir de cette manière, 2. j'ai compris qu'avoir ce genre de rapports ne "menaçait" pas mon identité d'homme.
Avril 2006 :
Déménagement chez khrys après avoir passé plusieurs mois à faire du mi-temps chez lui.
13 juin 2006 à 20h :
Première injection de testostérone.
Juillet-Août 2006 :
Questionnement, crise identitaire. Car bien qu'ayant obtenu la testostérone, le fait que je ne serai jamais un homme XY m'apparut plus cruellement encore qu'avant. Car malgré ce que j'aimais dire, je ne me voyais que comme homme et la notion "trans" ne s'intégrait pas dans mon identité. Je ne la considérais même pas comme un passage. Je savais justement que ce n'était pas un passage. Jamais mon corps ne serait celui d'un homme pleinement.
Gouffre à nouveau.
Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi courir après le rêve d'être un homme XY? S'être donné les moyens d'être soi, un homme, qu'est-ce qu'un homme? Est-ce juste un XY? Valent-ils mieux que moi?Où sont ces handicaps dont je me plains? Ne suis-je pas satisfait de ce dicklit qui bande et grossit sous l'effet du désir? De ces hormones qui viennent métamorphoser chaque cellule du corps pour enfin me faire apparaître? Quels sont ces handicaps? Taille de mon pénis? Satisfaction de mon partenaire? Si la société lie la taille à la performance, ça la regarde, je suis absolument satisfait de ma sexualité. Autre chose? Non...
Donc pourquoi en faire une montagne? Parce que je n'étais pas sorti des shémas, qui m'ont empêché si longtemps de me réaliser. Qu'est-ce qu'un homme, une femme? Qu'est-ce qui les définit? Que peut-on qualifier de masculin ou de féminin?
J'ai acquis la conviction profonde qu'être soi est le plus important. Si quelqu'un se définit comme homme ou femme il faut le croire, car ce sont des concepts si flous et si complexes, que deux genres seuls n'existent pas, il y en a une multitude, peut-être même autant qu'il y a d'individus. Des nuances subtiles nous séparent chacun et font notre richesse. Libre à nous d'user des mots dans leur sens restrictif (bien dommage et borné)ou illimité, voire de s'en passer. J'ai fait le choix de poser des mots sur les choses et les gens, mais dans leur cadre illimité et selon les manières dont se définissaient les personnes, ainsi qu'en tenant compte que l'identité est évolutive. D'autres se passeront des mots. L'essentiel est d'avoir en tête que chaque personne est différente et la respecter comme elle est, sans chercher d'elle qu'elle corresponde à ce que vous êtes, la diversité est source de richesse dans vos idées et rapports.
Depuis :
Mon identité évolue, comme ma sexualité. J'ai dépassé le concept "trans=souffrance". J'en suis sorti plus fort, plus grand, plus sûr de moi, je sais qui je suis. La malédiction est devenue une bénédiction. Une quête de soi douloureuse qui a fini par être plutôt un défi et une excellente expérience, si on se pose les bonnes questions, se détache de ce qui nous est appris et s'interroge sur soi-même. Bref soyez vous-même.
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À ce propos, voici un texte d'un des XX Boys de Kael, très parlant lui aussi je trouve :
« C'est idiot, il a fallu que je vive dans un corps principalement mâle pour réaliser que je ne m'identifie pas vraiment comme mâle. Je ne suis pas un keum, un gars, un frère... peut importe. Je suis entre les deux. J'ai toujours été entre les deux. Mais il a fallu cette transition pour que je sois enfin capable d'être a l'aise dans cette identité. Tout n'a pas besoin d'un genre, donc je vais rester comme ça., rester connecté avec mon cote fille m'a permis de créer le genre de masculinité que j'ai toujours voulu vivre. Je suis toujours une dyke dans le coeur, mais je m'identifie comme queer... Peut importe ce que ça signifie. Est-ce que c'est vraiment important ? Je m'identifie comme humain. »
L'humain ni plus ni moins...!